La biologie médicale hospitalière : la gradation territoriale des capacités de production d’examens

La biologie médicale hospitalière : le moteur silencieux de l’hôpital.
Transparente aux yeux du grand public, et pourtant, sans elle, aucun diagnostic fiable, aucune décision thérapeutique éclairée, aucune prise en charge sécurisée…
C’est là, dans les coulisses, que se joue une grande partie de la médecine d’aujourd’hui.

Fonction support des services de soins des établissements de santé de tout type, la fonction biologie médicale participe à la qualité des prises en charge, tout comme elle est sources de dépenses. C’est donc une fonction cœur à l’hôpital, qui fait face à des enjeux d’ampleur et qu’il ne faut pas oublier !

Les défis d’actualité de la fonction de biologie médicale des établissements de santé sont nombreux. Retrouvez tous nos articles sur le sujet :

🖋️Maitrise des prescriptions

🚑 Gradation territoriale des capacités de production d’examens

📉 Baisse de la nomenclature 

💉 Développement de l’activité des centres de prélèvements

Gradation territoriale des capacités de production d'examens 🚑

Un contexte territorial depuis 2016

Depuis la création des GHT en 2016, les réflexions sur la biologie médicale sont devenues territoriales. Cela appelle à des évolutions structurelles de cette fonction et implique une coordination accrue entre les établissements d’un même territoire. Dans le contexte actuel, la gradation territoriale des capacités de production d’examens s’inscrit comme une réflexion incontournable :

🧑‍⚕️Mutualisation de ressources et d’expertises, pour résoudre les tensions sur le recrutement et permettre de produire territorialement des examens complexes

🏥Entre-aide public-public, dans un environnement challengé par les laboratoires privés

💰Maitrise des coûts et des dépenses publiques, dans un contexte de difficultés accrues d’accès aux financements

🤝Application des politiques publiques en enrichissant les coopérations territoriales

 

Ainsi, le maillage territorial en biologie dépasse la simple question économique. Il interroge la capacité à construire un réseau performant, où chaque laboratoire, quelle que soit sa taille, trouve sa place en s’appuyant sur des partenariats solides en organisant en commun les compétences, les moyens et les projets.

Quelle est la situation dans les établissements de santé ?

On constate une adéquation entre les ressources et les activités extrêmement variable entre les laboratoires des établissements publics et en particulier un « plafond de verre » difficile à dépasser pour les laboratoires de petite taille s’organisant seuls, qui ampute les marges de manœuvre de leurs établissements.

Les 2 benchmarks Adopale l’explicite très clairement : 

Dans ce contexte, la structuration et l’entraide territoriale semble s’imposer.

Un équilibre à construire entre proximité et efficience

Pour ce qui relève de la réalisation d’examens, la structuration territoriale s’opère généralement sur la part (minoritaire) d’examens dont le délai de rendu n’est pas critique au regard des impératifs de prise en charge du patient. En considérant les réalités géographiques et le temps de transport, cette approche inclut des paramètres nécessitant un délai de quelques jours à quelques heures.

Une part parfois significative de ces examens est déjà sous-traitée par les laboratoires, mais trop fréquemment à un acteur du privé. Les coopérations territoriales entre laboratoires publics, avant de concevoir une restructuration, renforcent ainsi la biologie publique.

La gradation des soins se déployant à l’échelle des territoires clarifie le rôle de chaque établissement dans les prises en charges. Pour aller plus loin, la prise de recul sur la manière dont la fonction biologie s’approprie et décline ce principe de gradation laisse apparaître différents « formats » de laboratoire, dont le(s) rôle(s) assurés au sein du territoire diffèrent.

Ainsi, déterminer la configuration de laboratoire adaptée aux besoins de son établissement aide naturellement au bon niveau de structuration territoriale de la production d’examens de biologie.

L’impact du secteur de la santé sur l’environnement

Depuis quelques années, le secteur de la santé est à son tour pointé du doigt pour sa consommation énergétique et son impact carbone. Publications de l’ADEME, du Shift Project, objectif Ségur de la Santé de créer 150 postes de conseillers en transition énergétique et écologique, accompagnements ciblés par les ARS, par l’ANAP, etc. Autant d’actualités qui prouvent que la dynamique de transition est enclenchée dans le secteur. De plus en plus d’établissements et de groupements hospitaliers se lancent dans des mesures de réduction de leurs gaz à effet de serre, créant un cercle vertueux qui montre qu’il est possible d’agir.